Musique classique
André de Ribaupierre

André de Ribaupierre (1893-1955), violoniste, appartient à une famille qui a beaucoup fait pour le renom musical de Montreux. Son père, horticulteur à Clarens, créateur de variétés de roses et de chrysanthèmes, fut aussi l’un des créateurs du Jardin alpin de Naye en 1896 ; de ses six enfants, cinq s’illustrèrent dans les arts. André et son frère Emile étaient violonistes, François peintre. À la famille on doit la fondation de l’Institut de Ribaupierre, à Vevey et à Montreux, et une contribution décisive à la création des conservatoires de la région ; Emile fonda et dirigea l’Orchestre de Ribaupierre. De 1928 à 1950, les cours d’été d’André attirèrent sur la Riviera de jeunes musiciens venus de toute l’Europe et d’Amérique.
La famille de Ribaupierre : un violon, un pinceau et des jardins
Remarqué par Paderewski, un quatuor avec Carlo Boller
Remarqué par Ignace Paderewski et formé par le violoniste Gorski, André de Ribaupierre débute comme soliste à seize ans, à Londres, avant de jouer avec les plus grands orchestres. À vingt et un ans, il enseigne déjà la virtuosité au Conservatoire de Lausanne. Avec son frère Emile, le violoncelliste Jean Décosterd et l’altiste Carlo Boller, futur fondateur de La Chanson de Montreux, il fonde le Quatuor de Ribaupierre. En 1919, consécration et arrachement : le célèbre violoniste belge Eugène Ysaÿe l’appelle à Cincinnati pour lui succéder comme professeur et comme soliste.
André était aussi un montagnard fervent. Il se voulait membre du village des Haudères et logeait dans un mazot daté de 1509 ; lors des fêtes, il revêtait l’habit traditionnel, comme son épouse. Il avait toujours son violon avec lui, et put ainsi régaler de la Chaconne de Bach les choucas du Cervin.
François de Ribaupierre et les fresques des Haudères
François, le peintre de la famille, avait l’amour de la montagne et du val d’Hérens en particulier. En 1927, il peint les fresques de la nouvelle chapelle des Haudères, un geste qui lui vaut le droit, rare pour un étranger au village, d’y acheter une propriété ; il les restaurera lui-même à quatre-vingts ans, refusant toute rémunération. C’est aussi François de Ribaupierre qui signe, en 1937, les fresques « angéliques » du temple de Clarens.
Le virus de la montagne contamina aussi sa sœur et ses frères. Tous trois passèrent à leur tour l’été dans les mazots du village et organisèrent, de 1928 à 1950, des cours de vacances sur l’Alpe suivis par de jeunes musiciens accourus d’Europe et d’Amérique ; la tradition, maintenue par Mathilde et Emile jusqu’en 1956, fut ensuite prolongée par les pianistes Pierre Régamey et Pierre Souvairan et le violoniste Jean Jacquerod. Les anciens du village se souviennent de cette période, quand les étudiants, chacun dans son coin de prairie, répétaient leur partition ; mais malgré les efforts des musiciens, les villageois restèrent longtemps distants à l’égard des Montreusiens, de leur musique et de leurs concerts.
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